Durant les quinze premières années, la vie quotidienne des colons fut bien difficile. Les condamnés, c’est-à-dire
la majorité de la population, constituaient la main-d’œuvre nécessaire à l’établissement de la colonie.
La condition des femmes était particulièrement critique. En minorité, elles vivaient sous la menace constante de leurs
congénères et peinaient à se faire une place dans cette nouvelle société.
Vivant sur des réserves et sans production alimentaire, les denrées se faisaient de plus en plus rares à mesure que les mois avançaient. La famine gagnait, la nourriture était rationnée. Le vol était constant et les infractions durement réprimées : flagellation pour les délits mineurs et pendaison pour des actes jugés plus graves.
Pour palier aux manques de vivres, des convois furent envoyés en Afrique du Sud, en Chine et à Jakarta. Les autorités
concédèrent des terres aux officiers, soldats et anciens prisonniers émancipés afin de développer les fermes.
L’arrivée d’une 2ème flotte en provenance de Grande-Bretagne en juin 1790 et d’une 3ème en 1791 avec à
son bord forçats, vivres et outils finirent d’améliorer les choses.
De nouveaux colons s’installèrent à Sydney et prirent possession des fermes et terres à cultiver.
Parmi eux, John Mac Arthur s’imposa en introduisant avec sa femme Elizabeth l’élevage du mouton mérinos
dans leur propriété de Parramatta. Transformée aujourd’hui en musée, Elizabeth Farm est
l’une des plus vieilles demeures encore intactes d’Australie.
(Pour en savoir plus : Elizabeth Farm).
Le capitaine Arthur Philip quitta l’Australie en décembre 1792. Pendant 3 ans, la Nouvelle-Galles du Sud resta sans gouverneur
jusqu’à l’arrivée de John Hunter gouverneur de 1795 à 1800, puis de Philip King de
1800 à 1806.
En 1806, William Bligh fut désigné comme nouveau gouverneur et se heurta alors à la puissante
Rum Corps (le corps du rhum) avec à sa tête John Mac Arthur, qui avait instauré l’alcool
comme monnaie d’échange dans le commerce. Bligh fut renversé en 1808 et la ville passa des mains du gouverneur à
celles des militaires.
L’arrivée de Lachlan Macquarie, gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud de 1810-1822, marqua un retour
à l’ordre et le commencement d’un développement significatif de la ville. Il planifia la construction de routes
pavées, de maisons en pierre et fit ériger de nombreux édifices publics, aidé par l'architecte, condamné
émancipé, Francis Greenway (1777-1824).A partir de 1840, le Royaume-Uni cessa le transport de ses prisonniers vers l’Australie sous la pression des habitants de Sydney. Désormais, l’immigration était volontaire. Anglais et Irlandais en quête d’une nouvelle vie arrivaient en masse pour peupler les faubourgs grandissants de Sydney, devenue officiellement une ville en 1842. A partir de 1850, la découverte de gisements d’or près de Bathurst puis dans l’état du Victoria, attira des vagues massives d’immigrants cherchant fortune.
La population de Sydney connaît alors une croissance phénoménale et passe de 56 000 habitants en 1861 à
221 000 habitants en 1881. La ville se développa et plusieurs bâtiments virent le jour au cours du siècle :
1845 : Construction de la Government House
1850 : Fondation de l’Université de Sydney
1857 : Etablissement de Fort Denison pour protéger Sydney.
1858 : Construction de l’Observatoire de Sydney.
1868 : Consécration de St Andrew’s Cathedral
1885 : Construction de la Custom House
1889 : Achèvement de la construction du Sydney Town Hall, débutée en 1869
1898 : Le Queen Victoria Building est achevé.